Fixer son taux journalier moyen (TJM) est le premier vrai casse-tête quand on se lance en portage salarial. Trop bas, vous travaillez à perte après les frais de gestion et les charges. Trop haut, les clients passent leur chemin. En 2026, les écarts restent énormes selon les métiers : certains consultants facturent moins de 300 euros par jour, d'autres dépassent les 1 000 euros. L'enjeu n'est pas de viser un chiffre arbitraire, mais de trouver le bon équilibre entre votre rentabilité et la réalité du marché.
Comment le chiffre d'affaires se transforme-t-il en salaire net ?
Beaucoup de débutants confondent le tarif facturé au client et ce qu'ils toucheront vraiment. En portage salarial, la mécanique est simple mais les prélèvements s'enchaînent. Votre CA mensuel subit d'abord les frais de gestion de la société de portage, généralement compris entre 5 et 10 % (parfois jusqu'à 12 ou 15 % selon les acteurs). Ensuite, les cotisations sociales patronales et salariales s'appliquent sur la masse salariale restante. Au final, le coût total du portage représente environ 50 à 60 % de votre CA.

Prenons un exemple concret. Si vous facturez 5 000 euros par mois à vos clients et que votre société de portage prend 5 % de frais de gestion (250 euros), il reste 4 750 euros. Après déduction des charges patronales (environ 45 % du salaire brut) et des charges salariales (environ 22 %), votre salaire net avoisine les 2 200 euros. Le simulateur de salaire en portage vous permet d'affiner ce calcul selon votre situation personnelle.
Quel TJM minimum pour atteindre le salaire légal en 2026 ?
Le portage salarial a son propre salaire minimum, fixé par la convention collective. Il est toujours supérieur au SMIC. En 2026, le SMIC s'élève à 1 867 euros brut par mois (revalorisé deux fois dans l'année). Mais le minimum conventionnel en portage est plus élevé, surtout pour les profils dits "seniors".
| Profil | Salaire brut mensuel cible | CA mensuel estimé | TJM minimum estimé (18 jours/mois) |
|---|---|---|---|
| Junior | ~2 748 € | ~5 800 € | ~320 €/jour |
| Senior | ~2 944 € | ~6 200 € | ~345 €/jour |
| Forfait jour | ~3 408 € | ~7 200 € | ~400 €/jour |
Ces chiffres sont indicatifs. Si vous facturez moins de 320 euros par jour en tant que junior, votre CA mensuel risque d'être insuffisant pour couvrir le salaire minimum. La société de portage ne pourra pas vous verser moins que ce plancher légal. Soit elle complète la différence (cas rare et encadré), soit la mission est jugée non viable. Vérifier votre TJM avant de signer un contrat est donc indispensable.
Les critères qui font varier votre TJM
L'expérience et le statut junior/senior
Attention : votre ancienneté en tant que freelance ne compte pas pour déterminer votre statut junior ou senior en portage salarial. Un expert de vingt ans dans son domaine qui découvre le portage commence avec le statut junior. Seule l'ancienneté dans le dispositif du portage est prise en compte. Cela signifie que vous pouvez avoir un TJM élevé grâce à votre expertise, mais votre salaire minimum légal reste celui d'un junior tant que vous n'avez pas accumulé d'ancienneté dans le système.
Le secteur et le type de mission
Les TJM varient fortement selon les métiers : un consultant en stratégie facture souvent entre 600 et 1 000 euros par jour, un développeur web entre 400 et 700 euros, un formateur ou un assistant virtuel plutôt entre 250 et 400 euros. Renseignez-vous sur les fourchettes pratiquées dans votre spécialité et votre région. Les missions en régions sont parfois moins rémunérées que celles en Île-de-France, mais le coût de la vie y est aussi plus bas.

Le volume de jours facturés
Un TJM à 400 euros peut sembler correct, mais si vous ne facturez que 12 jours par mois, votre CA mensuel tombe à 4 800 euros. Avec les frais de gestion et les charges, votre salaire net sera bien inférieur à ce que vous espériez. Mieux vaut un TJM un peu plus bas avec un taux d'occupation élevé qu'un TJM haut avec des trous dans votre planning. Estimez votre nombre de jours facturables par mois (entre 15 et 20 en général) avant de fixer votre tarif.
Les erreurs fréquentes qui plombent votre rentabilité
- Confondre TJM et salaire net : ne pas intégrer les frais de gestion et les charges conduit à des déconvenues. Un TJM à 400 euros ne donne pas 400 euros par jour dans votre poche.
- Négliger les frais professionnels : abonnements logiciels, matériel, déplacements, assurance pro. Ces frais sont déductibles et remboursables par la société de portage, mais ils réduisent votre masse salariale disponible. Anticipez-les dans votre calcul.
- Fixer un tarif sans connaître le marché : certains consultants copient les TJM de leurs confrères sans vérifier si leur profil ou leur secteur le justifie. Résultat : ils sont trop chers pour les clients ou trop bas pour vivre.
- Oublier les périodes sans mission : le portage salarial ne vous garantit pas un travail continu. Prévoyez une marge pour les mois creux, les congés et les périodes de recherche de clients.
Comment négocier un salaire supérieur au minimum ?
Le salaire minimum conventionnel est un plancher, pas un plafond. Si votre CA le permet, vous pouvez vous verser une rémunération plus élevée. Pour cela, il faut facturer un TJM suffisant et maintenir un bon volume de jours travaillés. Les frais de gestion varient aussi selon les sociétés de portage : certaines prennent 5 %, d'autres 10 % ou plus. Comparer les offres avant de choisir votre société de portage est un levier direct sur votre salaire net. Un écart de 2 à 3 points de frais de gestion peut représenter plusieurs centaines d'euros par an.
Les conditions légales à connaître avant de fixer votre TJM
Pour être éligible au portage salarial, vous devez justifier d'une qualification minimale de niveau Bac+2 ou d'une expérience significative d'au moins trois ans dans le même secteur. C'est la loi. Vous négociez vous-même les conditions de votre prestation et le prix avec le client. La société de portage vous rémunère via un bulletin de salaire et gère la facturation. Vous devez rendre compte de votre activité au moins une fois par mois.
Le contrat de travail en portage peut être un CDD, d'une durée maximale de 18 mois (renouvellement compris). Il mentionne obligatoirement le mode de calcul de votre rémunération, les frais de gestion, les frais professionnels déductibles, et les compétences déclarées. Lisez attentivement ces clauses avant de signer : elles déterminent comment votre TJM se transforme en salaire.
Un conseil concret pour 2026
Avant de fixer votre TJM, utilisez un simulateur de salaire en portage salarial. Entrez votre tarif journalier estimé, le nombre de jours facturés par mois, et le taux de frais de gestion de votre société. Vous obtiendrez une estimation fiable de votre salaire net. Si le résultat est inférieur à ce dont vous avez besoin pour vivre, deux solutions : augmenter votre TJM (si le marché le permet) ou réduire vos frais de gestion en changeant de société de portage. Ne vous lancez pas sans ce calcul préalable : une mission mal tarifée peut vite devenir une source de stress financier plutôt qu'une opportunité.
