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Convention collective dentaire : quels salaires en 2026 ?

Convention collective dentaire : quels salaires en 2026 ?

La rémunération d’un assistant dentaire, d’une secrétaire ou d’un agent d’entretien ne se fixe pas au hasard. Depuis le 1er janvier 2026, une nouvelle grille de salaires issue de l’accord du 12 février 2026 s’applique aux cabinets dentaires libéraux. Mais attention : cette grille ne fait pas tout. Le SMIC, revalorisé au 1er juin 2026 à 12,31 € de l’heure, peut la rendre caduque pour certains postes. Voici les montants à retenir, les pièges à éviter et les droits annexes (congés, primes) qui complètent le bulletin de paie.

Qui est concerné par la convention collective des cabinets dentaires (IDCC 1619) ?

La convention collective nationale des cabinets dentaires (IDCC 1619, brochure JO 3255) s’applique aux chirurgiens-dentistes libéraux, qu’ils exercent seuls ou en association. Sont exclus les centres de santé dentaire à but non lucratif (régis par la convention 1192) et les cliniques dentaires privées (IDCC 2264). Les salariés concernés sont les assistants dentaires, les secrétaires médicales, les prothésistes en cabinet, le personnel d’entretien et les employés polyvalents. En cas de doute sur l’application à votre structure, vérifiez votre code APE : il doit correspondre au code NAF 86.23Z (pratique dentaire).

Convention collective dentaire : quels salaires en 2026 ?
Convention collective dentaire : quels salaires en 2026 ?

Un point important : les chirurgiens-dentistes salariés d’un confrère libéral ne sont pas couverts par cette convention. Leur statut relève d’un autre cadre juridique.

Grille de salaires 2026 : les montants minimums par catégorie

La classification distingue quatre groupes de personnel : entretien, administratif, technique et formation. Pour 2026, la grille conventionnelle fixe un salaire horaire minimum de 12,02 € pour le personnel d’entretien (classification 1). Problème : le SMIC horaire étant passé à 12,31 € au 1er juin 2026, c’est le minimum légal qui s’applique, pas le minimum conventionnel. Le principe est simple : le plus favorable des deux l’emporte toujours.

Classification Type de personnel Salaire horaire minimum conventionnel (brut) Salaire réel à appliquer si SMIC > convention
1 Personnel d’entretien 12,02 € 12,31 € (SMIC 2026)
2 Personnel administratif Variable selon coefficient À vérifier selon SMIC
3 Personnel technique Variable selon coefficient À vérifier selon SMIC
4 Personnel en formation Variable selon coefficient À vérifier selon SMIC

Pour les assistantes dentaires, l’écart entre qualifiée et non qualifiée est net. Une assistante dentaire qualifiée (titre RNCP niveau 4 obligatoire pour assister au fauteuil) perçoit environ 2 113 € brut par mois pour 35 heures, contre environ 1 867 € brut pour une employée polyvalente non qualifiée (coefficient 100-110). Soit un écart d’environ 250 € brut par mois. La qualification ne change pas seulement le salaire : elle détermine aussi les missions autorisées.

Embaucher une personne au coefficient 100 ou 110 pour effectuer des tâches au fauteuil est une infraction. Le praticien s’expose à des sanctions ordinales et le salarié peut demander un repositionnement au coefficient 200 avec rappel de salaire sur trois ans.

Prime d’ancienneté : un plafond à 20 % après vingt ans

La convention IDCC 1619 prévoit une prime d’ancienneté qui s’ajoute au salaire de base. Le taux maximum est de 20 % du salaire minimum conventionnel après vingt ans d’ancienneté dans le même cabinet ou dans le même groupe. Cette prime est calculée sur le salaire de base, pas sur les primes exceptionnelles ni les heures supplémentaires. En pratique, un assistant dentaire qualifié avec vingt ans d’ancienneté peut donc atteindre environ 2 535 € brut par mois (2 113 € + 20 %).

Congés exceptionnels : ce que la convention ajoute au Code du travail

La convention collective des cabinets dentaires prévoit des congés pour événements familiaux plus favorables que le Code du travail sur plusieurs points. Voici les principaux cas :

  • Décès du conjoint, partenaire de PACS ou concubin, ou d’un enfant : 6 jours (7 jours si l’enfant avait moins de 25 ans ou était lui-même parent).
  • Décès d’une personne de moins de 25 ans à charge : 7 jours.
  • Décès d’un père, d’une mère ou d’un beau-parent : 3 jours.
  • Mariage ou PACS du salarié : 4 jours si moins de 6 mois d’ancienneté, 6 jours au-delà.
  • Naissance ou adoption d’un enfant : 3 jours.
  • Congé de deuil pour un enfant de moins de 25 ans : 8 jours fractionnables dans l’année suivant le décès.
  • Annonce d’un handicap, d’une pathologie chronique ou d’un cancer chez un enfant : 2 jours.

Tous ces congés sont rémunérés et comptent comme du temps de travail effectif. Ils ne peuvent pas réduire la rémunération du salarié.

Convention collective dentaire : quels salaires en 2026 ?
Convention collective dentaire : quels salaires en 2026 ?

Congés pour enfant malade : des jours supplémentaires

La convention va au-delà du Code du travail pour les congés liés à la maladie d’un enfant. Tout salarié ayant un enfant de moins de 12 ans bénéficie de 3 jours de congé par année civile, majorés de 3 jours supplémentaires par enfant de moins de 12 ans. Si l’enfant est handicapé, la limite d’âge est portée à 20 ans. Pour un enfant de moins de 16 ans, le salarié peut aussi prendre un congé sans solde de 3 jours rémunérés (dans la limite d’un congé sans solde plus long).

Erreurs fréquentes à éviter sur la paie

La première erreur est d’appliquer la grille conventionnelle sans vérifier le SMIC. En 2026, le SMIC horaire (12,31 €) dépasse le minimum conventionnel du personnel d’entretien (12,02 €). Un employeur qui appliquerait le seul minimum conventionnel serait en infraction.

Deuxième erreur : classer une assistante dentaire qualifiée au coefficient 100 ou 110 pour économiser sur le salaire. Outre le risque de rappel de salaire sur trois ans, le praticien peut être poursuivi par le Conseil de l’Ordre pour exercice illégal de tâches réservées aux titulaires du titre RNCP. La frontière entre secrétaire et assistante au fauteuil est nette : sans le diplôme, pas d’intervention technique.

Troisième piège : oublier la prime d’ancienneté. Certains employeurs ne l’intègrent pas automatiquement dans le bulletin de paie, ce qui peut entraîner un rattrapage salarial en cas de contrôle. La prime doit être versée dès la première année d’ancienneté, même si son taux est alors faible (généralement 1 % par an jusqu’à 20 %).

Comment vérifier si votre salaire est conforme ?

Le plus simple est de comparer votre salaire brut mensuel (pour 35 heures) au minimum conventionnel de votre coefficient, puis au SMIC. Si votre coefficient est inférieur à 100 (personnel d’entretien), le SMIC 2026 s’applique. Pour les assistantes dentaires qualifiées (coefficient 200 à 270), le minimum conventionnel est généralement supérieur au SMIC, mais vérifiez chaque revalorisation du SMIC en cours d’année.

Si vous estimez être mal classé, par exemple parce que vous assistez au fauteuil sans avoir le coefficient correspondant, adressez une demande écrite à votre employeur avec copie des preuves (planning de travail, photos, témoignages). En cas de refus, vous pouvez saisir le conseil de prud’hommes dans un délai de trois ans à compter du jour où vous avez eu connaissance des faits.

Ce qu’il faut retenir pour 2026

La convention collective des cabinets dentaires fixe des minimums, mais le SMIC les dépasse déjà pour certaines catégories. Un employeur qui veut être en règle doit appliquer le plus élevé des deux et intégrer la prime d’ancienneté dès la première année. Pour les salariés, la vigilance porte surtout sur le classement : un coefficient trop bas par rapport aux tâches réelles ouvre droit à un rappel de salaire. Si vous êtes assistant dentaire qualifié, vérifiez que votre coefficient est au moins à 200. Si vous êtes secrétaire mais que vous faites de l’aspiration au fauteuil, demandez un repositionnement. La règle est simple : le salaire doit correspondre au travail réel, pas à l’intitulé du poste.