Vous voulez encadrer la plongée contre rémunération, mais sans viser tout de suite le niveau cadre confirmé. Le BPJEPS plongée subaquatique est le premier diplôme d'État qui ouvre la porte du métier. Il ne permet pas de devenir directeur de plongée ni d'emmener des groupes à 40 mètres, mais il donne les bases pour enseigner en autonomie dans la zone des 0 à 6 mètres, et jusqu'à 20 mètres sous certaines conditions. C'est le sésame pour débuter dans un club, un centre de plongée ou une structure associative, avec des prérogatives limitées mais un vrai statut professionnel.
Ce diplôme de niveau bac (inscrit au RNCP) est délivré par le Ministère des Sports. Il se prépare en alternance, généralement sur 10 à 15 mois, pour un volume d'environ 700 à 900 heures de formation. L'objectif est clair : vous rendre capable d'animer, d'initier et de perfectionner des plongeurs dans un cadre sécurisé, sous la responsabilité d'un directeur de plongée (DP).

Avant de vous lancer, il faut remplir des conditions d'accès précises. Les voici.
Les prérequis pour s'inscrire au BPJEPS plongée : ce qu'il faut avoir
Les conditions d'entrée sont fixées par arrêté et vérifiées lors des tests d'exigences préalables (TEP). Vous devez :
- avoir 18 ans révolus le jour de l'entrée en formation ;
- être titulaire du PSE1 (Premiers Secours en Équipe de niveau 1) ou d'un certificat équivalent ;
- justifier du permis bateau côtier (obligatoire pour emmener des plongeurs en mer) ;
- fournir un certificat médical de non-contre-indication à la plongée sous-marine, datant de moins d'un an ;
- posséder le niveau technique PA-40 (Plongeur Autonome 40 mètres) ou le niveau 3 (N3) délivré par une fédération agréée ;
- justifier d'au moins 80 à 100 plongées, dont une trentaine à plus de 30 mètres de profondeur.
Ces prérequis ne sont pas négociables. Si vous n'avez pas encore le PA-40 ou le N3, vous pouvez suivre une formation préparatoire dans un centre agréé (comme un CREPS) avant de vous présenter aux TEP. Le coût de ces tests est d'environ 300 à 400 euros selon les organismes.
Un point souvent sous-estimé : le niveau de plongée requis est celui d'un guide de palanquée confirmé. Il ne suffit pas d'être un bon plongeur loisir. Les TEP évaluent votre aisance dans l'eau, votre capacité à gérer des situations d'urgence et votre endurance. Préparez-vous physiquement plusieurs mois à l'avance.
Les 5 étapes clés pour obtenir le BPJEPS plongée subaquatique
1. Choisir son organisme de formation et passer les sélections
La formation est dispensée par des organismes habilités : CREPS (Centres de Ressources, d'Expertise et de Performance Sportive), centres de formation privés ou structures associatives agréées. Les sessions débutent généralement en janvier ou en septembre.
Le processus de sélection comprend :
- un entretien de motivation qui vérifie votre projet professionnel ;
- les tests d'exigences préalables (TEP) sur une journée, avec une épreuve de nage (par exemple 800 mètres en palmes, tuba, masque en moins de 20 minutes) et une épreuve de plongée (autonomie, gestion d'une panne d'air, remontée assistée) ;
- un positionnement pédagogique qui évalue votre niveau technique et votre capacité à vous projeter dans le métier.
Les places sont limitées : comptez 10 à 15 candidats admis par session dans un CREPS. Anticipez les inscriptions, souvent ouvertes 6 mois avant le début de la formation.
2. Valider les 4 Unités Capitalisables (UC) du diplôme
Le BPJEPS plongée est découpé en 4 UC, chacune correspondant à un bloc de compétences. Voici le détail :
| UC | Intitulé | Contenu principal | Modalité d'évaluation |
|---|---|---|---|
| UC1 | Concevoir un projet d'activité | Diagnostic, objectifs, planification d'un cycle de plongée | Dossier écrit + soutenance orale |
| UC2 | Coordonner la mise en œuvre du projet | Gestion d'équipe, logistique, communication avec les partenaires | Mise en situation professionnelle + entretien |
| UC3 | Conduire des séances de plongée | Pédagogie, animation, sécurité des palanquées (0-20 m) | Séance encadrée filmée ou observée |
| UC4 | Assurer la sécurité des activités | Prévention des risques, gestion des incidents, procédures d'urgence | Épreuve écrite + simulation |
Chaque UC est validée indépendamment. Si vous échouez à une UC, vous pouvez la repasser sans refaire les autres. Le rythme de formation alterne entre cours théoriques (physique de la plongée, législation, pédagogie) et mises en situation pratique dans l'eau. Attendez-vous à des journées denses, avec des séances de 6 à 8 heures en piscine ou en milieu naturel.
3. Trouver une structure d'accueil pour l'alternance
Le BPJEPS plongée se prépare obligatoirement en alternance. Vous signez un contrat d'apprentissage ou un contrat de professionnalisation avec un employeur : club de plongée, centre de vacances, base nautique, collectivité territoriale.
L'employeur vous verse un salaire (entre 27 % et 100 % du SMIC selon votre âge et le type de contrat) et vous accueille pour les périodes en structure. Ces périodes représentent environ 60 % du temps total de formation. Vous y appliquez ce que vous apprenez au centre : encadrement de baptêmes, organisation de sorties, gestion des plongeurs.
Trouver une structure d'accueil n'est pas toujours simple. Les centres de plongée sont nombreux sur le littoral méditerranéen et atlantique, mais plus rares en eaux intérieures (lacs, carrières). Commencez vos recherches dès l'admission : contactez les clubs locaux, les fédérations (FFESSM, FSGT, ANMP) et les réseaux d'anciens stagiaires. Certains CREPS proposent une aide au placement, mais ne comptez pas uniquement là-dessus.
4. Suivre la formation théorique et pratique au centre
La formation en centre (CREPS ou organisme habilité) dure environ 400 à 500 heures. Elle couvre :

- la réglementation de la plongée professionnelle (Code du sport, arrêtés) ;
- la pédagogie adaptée aux différents publics (enfants, adultes, personnes en situation de handicap) ;
- la physiologie et la physique de la plongée (tables de plongée, ordinateurs, nitrox) ;
- les techniques d'encadrement (briefing, débriefing, gestion de palanquée) ;
- la sécurité (premiers secours, gestion des accidents, évacuation).
Les séances pratiques sont nombreuses : vous encadrez des groupes sous l'œil d'un formateur, vous simulez des incidents, vous préparez et animez des séances de randonnée subaquatique ou d'apnée. Le rythme est soutenu. Prévoyez un investissement personnel important en dehors des heures de cours, notamment pour préparer vos dossiers UC.
5. Passer les épreuves certificatives et valider le diplôme
La certification se fait tout au long de la formation, pas seulement à la fin. Chaque UC donne lieu à une ou plusieurs épreuves :
- UC1 : remise d'un dossier projet (par exemple, organisation d'un stage de plongée pour des jeunes) et soutenance devant un jury ;
- UC2 : mise en situation de coordination (briefing d'équipe, gestion d'un planning) ;
- UC3 : encadrement d'une séance de plongée, évaluée par un formateur et parfois filmée ;
- UC4 : épreuve écrite sur les procédures de sécurité et simulation d'accident.
Le jury est composé de professionnels du métier (moniteurs DEJEPS ou DESJEPS, représentants de la DRAJES). Les taux de réussite varient selon les centres : comptez 80 à 90 % de réussite pour les candidats assidus. Les principaux motifs d'échec sont un dossier UC1 mal préparé ou une séance UC3 jugée insuffisamment sécurisée.
Combien coûte le BPJEPS plongée et comment le financer ?
Le coût de la formation complète varie selon l'organisme :
- dans un CREPS, comptez entre 6 000 et 8 000 euros pour les frais pédagogiques ;
- dans un centre privé, le tarif peut monter jusqu'à 10 000 ou 12 000 euros ;
- à cela s'ajoutent les frais d'hébergement, de restauration et de déplacement (souvent 300 à 500 euros par mois).
Heureusement, plusieurs solutions de financement existent :
- le contrat d'apprentissage ou de professionnalisation : l'employeur prend en charge tout ou partie des frais, et vous percevez un salaire ;
- le CPF (Compte Personnel de Formation) : si vous avez accumulé des droits, vous pouvez les utiliser pour financer la formation ;
- Pôle Emploi : sous conditions, une prise en charge partielle ou totale est possible (Aide Individuelle à la Formation) ;
- les OPCO (Opérateurs de Compétences) : pour les salariés en reconversion professionnelle.
Renseignez-vous auprès de l'organisme de formation pour connaître les dispositifs mobilisables. Certains CREPS proposent des sessions en distanciel pour les UC1 et UC2, ce qui réduit les frais de déplacement.
Les erreurs à éviter quand on prépare le BPJEPS plongée
Quelques pièges reviennent régulièrement :
- sous-estimer le niveau technique : arriver avec un PA-40 fraîchement obtenu et peu de plongées en milieu naturel est risqué. Les TEP exigent une aisance réelle, pas un simple passage de niveau. Multipliez les plongées en mer, en courant et en visibilité réduite avant l'entrée en formation ;
- négliger la préparation des dossiers UC : l'UC1 et l'UC2 demandent un travail écrit conséquent. Beaucoup de stagiaires échouent parce que leur projet manque de concret ou n'est pas assez détaillé. Prenez le temps de le structurer avec votre formateur ;
- choisir une structure d'accueil au hasard : l'alternance est le cœur de la formation. Un club qui ne vous encadre pas, ne vous confie pas de responsabilités ou vous utilise comme main-d'œuvre sans vous former vous fera perdre du temps. Visitez plusieurs structures, parlez avec d'anciens alternants, vérifiez que le tuteur est diplômé et disponible ;
- oublier la dimension administrative : le permis bateau, le PSE1 et le certificat médical doivent être à jour. Un retard sur ces documents peut bloquer votre entrée en formation ou votre certification. Gérez-les dès l'admission.
BPJEPS, DEJEPS ou DESJEPS : lequel choisir ?
Ces trois diplômes forment une progression logique. Le BPJEPS est le premier niveau professionnel. Il vous permet d'enseigner la plongée jusqu'à 20 mètres (et jusqu'à 6 mètres en autonomie totale). Vous travaillez sous la responsabilité d'un directeur de plongée. Les débouchés sont réels : moniteur en club, animateur en centre de vacances, encadrant en base nautique. Le salaire débutant tourne autour de 1 800 à 2 200 euros brut par mois, selon la structure et la saison.
Le DEJEPS (bac + 2) est le diplôme du moniteur confirmé. Il permet d'encadrer jusqu'à 40 mètres, d'être directeur de plongée et de coordonner des projets. Si vous voulez évoluer vers un poste à responsabilités (chef de centre, DP), c'est la suite logique après quelques années d'expérience. Le DEJEPS se prépare en 10 à 15 mois et coûte environ 11 000 euros en formation complète. Les titulaires du BPJEPS peuvent bénéficier d'allègements sur certaines UC.
Le DESJEPS (bac + 3) est le diplôme de direction : formateur de moniteurs, responsable de structure, ingénierie de formation. Il s'adresse à des professionnels confirmés qui visent des postes de cadre.
Si vous débutez, le BPJEPS est le bon choix. Il vous donne une première expérience solide et un statut reconnu. Vous pourrez toujours reprendre une formation DEJEPS plus tard, avec des dispenses partielles.
Une fois le diplôme en poche : que faire concrètement ?
Le BPJEPS plongée ne fait pas tout. Pour travailler, vous devez également être en possession d'une carte professionnelle délivrée par la DRAJES, qui atteste de votre honorabilité et de votre aptitude médicale. Cette carte est obligatoire pour encadrer contre rémunération.
Les débouchés sont saisonniers sur le littoral (de mai à octobre), mais des postes à l'année existent dans les clubs associatifs, les collectivités (piscines municipales, bases de loisirs) ou les centres de vacances. Le marché est concurrentiel, surtout en Méditerranée. Pour vous démarquer, pensez à :
- vous former au nitrox (mélange enrichi) : un plus pour l'encadrement de plongeurs confirmés ;
- obtenir une qualification complémentaire en apnée ou en randonnée subaquatique, qui élargit vos prestations ;
- développer des compétences en gestion de club (budget, planning, relation client) : les employeurs recherchent des profils polyvalents ;
- envisager une expérience à l'étranger : le BPJEPS n'est pas reconnu partout, mais combiné à une carte PADI ou SSI, il ouvre des portes dans les resorts internationaux.
Un dernier conseil : ne vous arrêtez pas au diplôme. Le métier de moniteur de plongée exige une remise en question permanente. Les techniques évoluent, la réglementation change, les publics se diversifient. Les meilleurs professionnels sont ceux qui continuent à se former, à plonger et à échanger avec leurs pairs. Le BPJEPS est une porte d'entrée, pas un aboutissement. Si vous êtes prêt à vous investir, il vous mènera loin.
